vendredi 24 août 2007
Commandant Caroline Aigle
Par Steph , vendredi 24 août 2007 à 19:34 :: Aviation
Vous me direz : un militaire décède, oui, il y en a souvent, c'est les risques du métier, pourquoi en faire un billet, bla bla bla... Oui, c'est clair que comme ça ça peut paraitre étrange, surtout de ma part. Mais quand, d'une, on sait que Caroline Aigle a été la première femme pilote de chasse de l'Armée de l'Air, et de deux, que j'ai eu la chance de croiser rapidement son chemin cette année alors qu'elle était venue assister, pratiquement incognito, au meeting de Muret, on peut commencer à comprendre.
Le fait qu'elle soit la première femme à être brevetée pilote de chasse, sur Mirage 2000, est notable en soit, bien que globalement, j'aime pas trop noter ce genre de chose. Je ne sais pas si ça dénote une évolution des moeurs ou au contraire une certaine misogynie. Bref, on va dire qu'effectivement c'était une belle évolution dans les mentalités militaires, bien que nous connaissions depuis longtemps de grandes dames aviatrices, comme Jacqueline Auriol ou Amelia Earhart. Là, Caroline avait ouvert la voie, et à ce titre avait été approchée par les médias. Je me souviens notamment d'un Michel Drucker lui posant quelques questions...
Mais putain, Caroline, cette belle jeune femme aux yeux si clairs, elle n'avait que 32 ans, et elle n'est pas morte en service, sous le feu de l'ennemi ou en entrainement! Non c'est un putain de cancer qui l'a foudroyé! Je ne la connaissais pas, hormis ce qu'on peut connaitre d'une personne passé à la télé et dont on connait le nom parce que dans le petit monde de l'aviation, on fini par connaitre les gens qui sortent du lot. Mais rien que de l'avoir vue, quelques minutes, là, sur cette chaise, sous la tente VIP, levant les yeux vers les petits zincs en évolution dans le ciel bleu de Muret, s'occupant de son bambin, on a déjà une impression de l'avoir un peu approché. J'aurai voulu discuter un peu avec elle, évoquer avec elle son parcours que j'imagine tout droit tracé vers un seul but, comme fut le mien il y a longtemps maintenant. Mais on se sent finalement petits, impressionnés, devant ces hommes et ces femmes en combinaison qui ont la chance, qui se sont donné la chance aussi, de faire ce qu'on avait voulu faire, de voir le soleil tous les jours. On a tord, car la plupart sont très accessibles, très simples, très "comme nous"! J'ai la chance d'en connaitre, des grandes gentillesses, des immenses générosités, des passionnés.
Je n'ai pas pour habitude cependant de courrir après tout ce qui porte une combarde. D'une part parce que je les respecte, et d'autre part parce que je ne cotoie pas des pilotes ou des mécanos pour dire que je cotoie des pilotes ou des mécanos, pour me la péter comme je peux le voir quelquefois. Non, les rencontres, comme celle avec Caroline Aigle, ou comme avec Alain, Didier, Ramon ou d'autres, ne sont que des rencontres d'amitiés et de passion, la plupart du temps fortuites, car un ami d'un ami est également un ami.
Alors non, je n'ai pas la prétention de me dire l'ami du Commandant Caroline Aigle. J'aurais bien aimé, cela dit. Malgré tout, sa disparition m'a choqué. Et elle a choqué beaucoup de monde. Mais tout cela n'est surement rien comparé à la tristesse de sa famille, et de ses enfants...










































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