On pourrait croire que, pour le pays qui produit, après l'Inde je crois, le plus de films de cinéma au monde, on a droit à des films à la télé. Que nenni! Il faut vraiment les chercher, et quand on les trouve (à moins que ce soit sur HBO, et encore) on a toujours droit à cette satanée coupure pub qui au final nous fait nous demander si on attend la fin de la coupure pub pour regarder le film ou la fin de la coupure film pour regarder la pub! En tout cas avec le panel de chaine auquel j'ai pu avoir accès, il est plus probable de tomber, en zappant, sur de la "réclame" que sur un véritable programme. Et j'inclus là la Chaine Météo (The Weather Channel) et CNN...

Non, vraiment, la pub est ici une calamité. En elle-même, du fait de l'interruption qu'elle provoque dans le programme, mais aussi dans son contenu. En ce moment, forcément c'est un peu orienté bagnoles qui consomment pas trop (sic!) genre 25 ou 30 miles par gallon (ce qui fait environ du 8 à 9 litres au 100). Mais il y a aussi ces petites pub pour des médicaments qui vous prennent par surprise et vous installent dans un climat de crainte, de peur voire de terreur de la maladie, du virus, de l'infection, de l'accident. Ah ça, la dramatisation, ils savent faire! Si on écoute tout ça, à coup sur on devient rapidement hypocondriaque. Le troisième thème (qui fait bien marrer quand on s'est tartiné le deuxième) c'est tout ce qui touche à la bouffe fast-food, avec de bons gros hamburgers géants, de tacos de malade, des verres énormes de coca, des sandwiches de "un pied de long" (le fameux "One foot-long" de Subway)... bref des trucs qui dégoulinent. A coté de ça, quand on a fini de se prendre tous les médocs "vus à la télé", on échappe pas au sucre sans sucre, au sirop sans sucre non plus, aux chips sans gras insaturés, aux sandwiches sans cholestérol, etc... Moi qui croyait que la pub en France était indigeste (sans jeu de mots), là on est servi.

Mais bon, quand on en a fini avec la pub, c'est-à-dire dans les dix ou quinze minutes de "programme", on a quoi? Alors sur Fox News et CNN, on a des types qui nous donnent leur avis qu'on n'a pas demandé, sur fond de drapeau américain, d'aigle, de dollars, qui y vont de leurs messages pro-américains parfois hilarants si on pouvait faire abstraction de l'idée qu'ils "manipulent" l'opinion de la masse avec tout ça. Pas hilarants donc, affligeants. Le dernier en date (mais on s'habitue à force) c'était lors de l'annonce de la rupture du contrat alloué à EADS/Northrop-Grumman pour la fourniture à l'US Air Force d'avions ravitailleurs. L'histoire a été suffisamment couverte pour que je passe les détails. Quoiqu'il en soit, cette annonce, qui en soi prouve qu'après une première annulation du contrat à Boeing pour cause de corruption, on annulait cette fois-ci le contrat remporté lors de la re-compétition par EADS pour cause d'évaluation foireuse par l'US Air Force, cette annonce donc était présentée notamment sur CNN comme une victoire! Victoire du travailleur américain, victoire politique, victoire sur l'Europe. Une assurance que finalement on ne paiera pas avec l'argent du contribuable américain une entreprise étrangère (même si, potentiellement, elle propose une meilleure machine) pour assurer sa défense... Bref, ça véhicule une idéologie quelque peu choquante sur un vecteur d'information qu'on voudrait croire objectif. L'objectivité n'est apparemment pas une qualité dans ce genre de "show" d'info.

Et en période électorale, c'est peut-être l'apothéose, avec des chaines qui subtilement, mais surement, se font les supporters de l'un ou de l'autre des candidats. On a souvent dit, en Europe, que Fox News était le bras média du pouvoir Bush. Ce qui fut on ne peut plus vrai lors du lancement de la guerre "contre la terreur" après les attaques du 11 septembre. Ce fut d'ailleurs un des principaux "journalistes" de Fox qui se faisait l'instigateur, le catalyseur de la vague anti-française aux US lors du refus de la France de suivre l'Amérique dans son invasion aveugle de l'Irak. Bref. On peut être effectivement critique vis-à-vis des infos en France, notamment quand on en vient à aborder la question de la relation avec le pouvoir, mais alors aux USA, c'est comme tout, c'est tout en plus grand. Et la couverture, pendant une semaine pratiquement, du décès à 53 ans par cancer du porte-parole du gouvernement Bush (donc le "pont" entre la presse et le gouvernement), Tony Snow était quelque peu questionnable à ce sujet. J'ai rien contre ce monsieur, mais ça semblait un peu trop. Question de culture probablement...

Voilà, on a vu qu'on ne pouvait pratiquement pas voir de films; des séries, oui en pagaille mais saucissonnées; des prévisions météo tout aussi saucissonnées; qu'on ne pouvait pas se fier aux infos; il reste peut-être à jeter un coup d'oeil sur les émissions de télé-réalité. Affligeant, encore ce mot-là vient à l'esprit, en arrivant sur ce terrain. C'est quelque chose qu'on importe facilement en France même si aux US c'est d'un niveau légèrement inférieur encore...

Bon, j'arrête là le passage en revue de ce qui décidément est encore une particularité américaine qui n'est pas vraiment souhaitable de notre coté de l'Atlantique. Ca fait un peu inquisition, mais il m'est difficile de trouver un coté positif à la télé US... Ah si, il y a peut-être les shows décapants de Jon Steward, le Daily Show, qui justement brocarde assez bien les travers des médias cités plus avant, ou le Colbert Report, dans le même style, et tous les deux sur Comedy Central. D'ailleurs on ne s'y trompera pas, le Daily Show est diffusé en été sur Canal+ le matin! Ah, et peut-être aussi le fait que les meilleures séries y passent avant, et qu'ils faut les attendre de longs mois pour les voir débarquer en France. Moui, c'est peut-être que ça.