Internet vaut-il le coup? Part II
Par Steph, samedi 16 mai 2009 à 13:09 :: Blabla :: #271 :: rss

Il y a quelques mois maintenant, suite à un buzz médiatique entourant un simple problème technique ayant rendu inaccessibles les services de Gmail, je m'étais interrogé sur l'utilité d'internet dans nos vies. Ayant pris délibérément l'optique d'une analyse des cotés négatives ou addictifs de la chose. Car internet peut être aliénant, addictif, déviant, vecteur efficace et mondial des plus basses et infectes idéologies...
Heureusement, Internet peut être également un outil, un espace de développement, de partage, de culture, de liberté, de lutte, d'ouverture d'esprit, de création. Si on prend un peu le temps d'emprunter quelques chemins de curiosité, l'internaute a un monde d'idées, d'oeuvres, de connexions à la portée de ses doigts.
Ainsi, pour prendre un exemple assez connu et maintenant quasi-universel, l'encyclopédie en ligne Wikipédia est une des utilisations magnifiques de l'idée de partage des connaissances au niveau mondial. Ce qui m'amuse, c'est que le concept de départ existait sur Konnek-T au tout début du site. La partie "Encyclopédie", (toujours en ligne et à l'état de son lancement) date de 2004. Comme quoi, c'est peut-être ici qu'est née Wikipédia! ^_^ Il manquait en fait le moteur wiki, le véritable atout du concept permettant la véritable interaction entre contenu, rédacteurs et utilisateurs. Quoiqu'il en soit, le modèle Wikipédia, encyclopédie libre, mondiale, gratuite fait que les encyclopédies "historiques", comme la vénérable Encyclopedia Universalis, ou la Britannica sont en perte de vitesse, pour ne pas dire en perte tout court. C'est le cas d'Encarta, l'encyclopédie de Microsoft, qui quitte le marché. Cet article du New-York Times montre d'ailleurs bien l'évolution que le web a engendré dans l'accès et la consommation de l'information. Ce qui est maintenant gratuit et accessible via Google était autrefois le fruit du travail d'un éditeur, d'une équipe de rédacteurs des plus prestigieux ou compétents, ce qui d'ailleurs garantissait en grande partie la cohérence et l'exactitude de l'information. Internet permet pratiquement à tout un chacun de devenir un membre de cette équipe maintenant riche de plusieurs millions d'éléments. Se pose alors la question de la véracité, de la crédibilité de l'information qui n'est plus peut-être aussi bien recoupée, analysée, mise en perspective. La consommation de l'information semble aujourd'hui plus superficielle, l'analyse moins approfondie. Un petit article sur Wikipédia peut suffire dans 80% des cas. Espérons que les 20% qui restent trouveront encore la matière quelque part...
L'accès donc à l'information a explosé avec le net, c'est clair. L'accès à la culture, à la connaissance aussi. En cela je ne ferais que prendre l'exemple éloquent du site TED, et particulièrement celui de cette mini-conférence sur la communication collective entre bactéries. D'une part la conférencière est particulièrement dynamique, d'autre part ce qu'elle nous raconte l'est de façon très clair, et pour le coup on en apprend une bonne couche sur ce qui constitue l'espèce dominante sur la planète. Or donc, quelle aurait été ma possibilité d'assister à cette conférence sans internet? Ou à celle de Al Gore sur le réchauffement climatique? Ou encore cette conférence à l'accent british de Brain Cox sur le nouvel accélérateur de particules du CERN et ce qui constitue l'Univers? Internet met ainsi à disposition, chez soi, un nombre incroyable de morceaux de connaissance qui resteraient autrement accessibles qu'à quelques-uns.
Et c'est aussi simple qu'un clic aujourd'hui que d'aller voir les images venues d'un autre monde. Celles de Mars, les premières il y a plus de 30 ans, envoyées par la sonde Viking, comme les plus récentes envoyées par les robots Opportunity et Spirit ou la sonde européenne Mars Express... On peut tout aussi facilement accéder aux images les plus significatives prises par le téléscope Hubble ou suivre en direct les travaux des astronautes là-haut, grace à la NASA-TV. Bref, dans le domaine, les possibilités sont immenses, d'autant que certaines agences gouvernementales comme la NASA ont dans leur cahier des charges cet impératif de redistribution de la connaissance au plus grand nombre.
Phénomène des plus médiatiques ces derniers temps, les réseaux sociaux. On parle de FaceBook, de Viadeo, de Twitter, de MySpace, de Copains d'Avant, de MSN. Tout plein de ficelles tissées entre les gens proches ou éloignés, qui les relient, les rapprochent, les font se retrouver. Des rencontres entre artistes et fans, entre anciens copains de lycée ou entre passionnés sont plus faciles, et abolissent l'idée de distances. L'idée de partager facilement son art, ses idées, ses envies ou ses états d'âme permet un foisonnement de nouveauté, de nouveaux "amis". Les outils mis à disposition tel que MSN ou Skype mettent dans votre salon ou votre bureau vos connaissances du bout du monde. L'explosion des blogs, qu'ils soient perso ou pro (comme les blogs associés à des journaux), mets en lumière certains besoins de communication voire de confessions, comme une nouvelle approche de l'échange d'idées ou d'information, avec parfois le concept de zapping ou souvent celui de spontanéité et d'interactivité. Il y a donc un réseau dans le réseau, qui a évidemment son bon coté. Il n'en demeure pas moins que certains cotés sont moins sympas, comme je l'ai déjà expliqué dans la Part I. FaceBook ne doit pas faire oublier le téléphone, ou encore la vraie rencontre. Votre voisine, que vous croisez deux fois par mois dans l'ascenseur, est peut-être bien plus intéressante que ce contact que vous avez accepté hier sur votre MSN. Ne pas avoir de mail signifie-t-il aujourd'hui qu'on n'est plus joignable, qu'on n'existe plus dans la toile des "amis" MySpace? Malgré tout, il est indéniable que ça a ouvert des possibilités incroyables de "garder le contact", ou de le renouer...
Internet peut-être la seule fenêtre sur le monde, sur l'extérieur pour certains. Ainsi, les personnes tétraplégiques, ou atteintes de maladies fortement incapacitante, trouvent une porte de sortie de la prison qu'est devenue leur corps. Le meilleur exemple, en tout cas le plus célèbre étant le Professeur Stephen Hawking. Il utilise depuis des années un ordinateur à synthèse vocale pour s'exprimer, ne pouvant interagir avec lui que grâce à un bouton. Cet ordinateur est connecté au net, au téléphone, et permet au digne successeur d'Einstein de communiquer avec le monde, et de faire des conférences alors qu'il est incapable de parler, de bouger. Certainement moins "chanceuses" puisque ne pouvant pas forcément accéder à ce genre d'ordinateurs, d'autres personnes bloquées au lit peuvent s'évader et découvrir le monde, via National Geographic ou GEO, de voir des oeuvres d'art, de lire des livres, d'apprendre une langue, de découvrir des musiciens.
L'évolution de tout cela peut s'envisager comme une encore plus grand connectivité de l'Homme avec cette base de données, cette base de connaissances et de découvertes. On voit souvent dans les films de science-fiction, et je pense notamment à Ghost In The Shell, ou Matrix, un branchement direct du cerveau humain avec le net. L'interface de la pensée, directe et sans intermédiaire, avec le monde entier. L'idée est même, dans le cas de Ghost In The Shell, poussée jusqu'à concevoir que de cet océan d'information -le net- émerge une structure, autonome et immatérielle, une conscience, une pensée nouvelle. Les mécanismes de la conscience humaine, s'appuyant sur le fonctionnement du réseau de neurones qu'est le cerveau, sont là reportés, appliqués au réseau électronique Internet. un jour peut-être verra-t-on la manifestation d'une telle réalité. Peut-être pas, peut-être que tout cela restera dans l'ombre, ou tout simplement dans notre imagination. Il faudra espèrer tout de même que, des bons cotés ou des mauvais coté d'Internet, elle saura prendre ce qui convient! Ou plus probablement, sera-t-elle l'assemblage de tout cela. Or comme il apparait qu'Internet est la fusion de ce que l'Homme peut faire de mieux comme de pire, d'un extrème à l'autre, à ce point inconcevable dans une seule personne, si une conscience devait un jour naitre au sein du réseau, elle sera comme une Méta-humanité, Prix Nobel et criminel contre l'Humanité en même temps, philosophe et pornographe, chinois et islandais, musulman et chaman, ici et partout, indétectable et indestructible...
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire