Des serpents dans l'avion
Par Steph, lundi 11 janvier 2010 à 19:18 :: Aviation :: #359 :: rss
Comme Frédéric Beniada il y a peu sur France-Info, on peut se demander pourquoi l'aviation attire tant la médiatisation psychodramatique de ce qui est la plupart du temps des non-événements. C'est le cas avec le moindre pépin technique d'un A380 d'Air France. Ou alors l'atterrissage "un peu hors-norme" d'un A320 sur un aéroport américain. Dans la plus grande majorité des cas, il n'y a vraiment rien d'intéressant à rapporter. C'est un peu comme si on titrait qu'un poids-lourd avait du faire un arrêt d'urgence sur la bande éponyme suite à une crevaison ou à la panne de l'allume-cigare... Le niveau d'ailleurs des interventions médiatiques est très souvent assez bas, et il n'est pas rare de déceler des énormités dans les propos de tel journaliste en mal de sensationnel.
Parler d'aviation aujourd'hui revient donc essentiellement à parler de peur, d'angoisse, de risque, de contrôle... En tout cas dans le monde de psychose dans lequel nous baignent les médias. Il n'y a donc plus aucune place à l'aventure, à l'émerveillement, à la contemplation simple de voir s'élever un plus-lourd-que-l'air, ce qui a fasciné et inspiré des générations d'hommes par le passé. L'envol de l'A380 n'est pourtant pas si loin, et à cet instant-là, tous les yeux étaient brillants d'un enthousiasme positif et conquérant. C'était donc un instant d'éclaircie dans un ciel d'orage? Il faut croire que oui. L'aviation se résumerait ainsi, pour la majorité, à de gros avions qui font du bruit, qui polluent, qui tombent... mais qui vous emmènent en vacances dans un pays lointain! On n'est pas à une contradiction près. Or même dans ce dernier point de vue, ça commence à devenir un enfer en lui-même.
Grâce à quelques illuminés, à quelques détraqués du bocal, le début d'un voyage comprenant un vol (vers un pays lointain et anglo-saxon de préférence) est teinté d'angoisse. L'angoisse du contrôle, de l'inconnu. Et ce n'est pas près de finir. La dernière tentative, pathétique, d'attentat sur un vol à destination des Etats-Unis nous montre à quel point tout ce qui entoure l'aviation commerciale frise aujourd'hui l'irrationnel. Nous arrivons à accepter des mesures dites de sécurité qui nous plongent dans un film de science-fiction dans une réponse émotionnelle à une question mal posée. Ou plutôt, la question est bien posée, c'est la réponse qui est, elle, à coté. Un article récent du Washington Post nous éclaire sur cette -mauvaise- réponse que donnent les USA à la question de la sécurité et de la menace terroriste. Et en premier lieu il apparait, mais c'est presque évident, que le terrorisme, et a fortiori le terrorisme aérien, est loin d'être la menace la plus élevée contre les pays occidentaux. Sur toutes les causes de décès en avion sur un an, c'est infinitésimal. Et pourtant c'est le sujet numéro un. Après tout, qui aurait l'idée de vérifier que les pilotes ont la bonne formation pour traiter les problèmes de givrage, ou les idées claires pour prendre ou pas la décision de se poser par très mauvaise météo? Non, il est certainement plus "sain" et "sécuritaire" de vérifier que vous n'embarquez pas avec un coupe-ongle!
Et ainsi, dans un mode de fonctionnement irrationnel et "émotionnel", une tentative d'attentat, aussi ridicule soit-elle, donne lieu à un renforcement de mesures de sécurité tout bonnement inutiles 99,99% du temps. Après l'affaire Richard Reid, il nous a été demandé de nous déchausser au passage du portique. Et ce même si vous portez des tongs, ou plus communément de simples (et jolies) chaussures à talons. Parce qu'un groupe de gus a projeté d'utiliser des bouteilles d'Oasis comme bombe (aucun n'a tenté le Mentos et le Pepsi encore...) on doit éviter les flacons de plus de 100ml à bord. Dernièrement, on pouvait avoir un certain réflexe fessier quand on a appris qu'un nouvel idiot s'était fait explosé avec l'aide d'un explosif inséré dans le fondement. Heureusement l'attentat fut manqué, mais la question de la détectabilité d'un tel dispositif s'est posée, puisque le gars en question avait tout de même passé des contrôles de sécurité avant d'approcher sa cible, un prince saoudien. Curieusement, on n'a pas imposé de fouille "approfondie" aux aéroports suite à cette affaire. Mais on n'en serait pas loin. La tentative de Noël, sur le vol vers Detroit, a mis sur le devant de la scène l'utilisation de nouvelles machines, les scanners corporels, en tant que réponse à ce type de menace. Le procédé employé par l'idiot du moment était un peu dans la même veine que notre "mule" précédemment citée, à savoir que le dispositif explosif était planqué sous le scrotum de notre homme, cousu à son slip. Et ainsi il a certainement pu déjouer une éventuelle fouille "classique". Rien ne dit d'ailleurs qu'en un tel endroit, le dispositif aurait été vu par un scanner corporel. Quoiqu'il en soit, alors que ces machines soulevaient des débats un peu partout dans le monde concernant son caractère déshabillant, bloquant dans de nombreux cas sa généralisation, hop tout d'un coup cela devient LA solution, et on doit l'accepter. Pour notre sécurité qu'ils disent.
Un certain esprit chagrin pourrait alors se demander si tout cela ne profite pas à quelqu'un, en dehors évidemment des terroristes qui se frappent sur les cuisses en voyant le résultat de leurs actions les plus petites soient-elles. Car les scanners corporels, c'est entre 70 000 et 100 000€ pièce apparemment. Et il en faudrait plus d'un par aéroport pour espérer avoir une certaine crédibilité. C'est ainsi que la TSA (la Transportation Security Administration, aux USA) en a commandé des centaines exemplaires pour les aéroports américains. Et tout cela dans un climat d'angoisse sur lequel surfent les médias US, à travers lesquels des "éminents" spécialistes comme l'ex-patron de la Homeland Security prônent plus de sécurité et plus de technologie aux portiques, et donc plus de scanners. Il ne faut pas attendre alors bien longtemps pour apprendre que le-dit spécialiste n'est autre qu'un patron d'une agence de consulting en sécurité qui compte parmi ses clients des fabricants... de scanners corporels! Le schéma se dessine peu à peu. Est-ce que ce sera efficace? A faire gonfler le chiffre d'affaire de ces fabricants, certainement. Ces dépenses inconsidérées commencent d'ailleurs à faire jazer, mais il semble que les gens soient enclins à perdre de leur initimité au prix de la sécurité, réelle ou fantasmée. Le controle des cavités corporelles serait alors envisageable?
La réponse technologico-sécuritaire, dans ce cas précis de manière assez flagrante, n'est pas la bonne. Qu'en serait-il par exemple d'une bombe anale, d'un enfant-kamikaze (pour des raisons de protection de l'enfance vis-à-vis de la pédopornographie, particulièrement dans les pays anglo-saxons, les enfants seraient exemptés de controle au scanner corporel)? L'investissement serait en pure perte puisqu'il n'apporte aucune amélioration. En revanche, tout l'argent dépensé à enrichir des fabricants de scanners aurait peut-être pu être dépensé autrement, dans des services et des personnels d'agences de renseignement dignes de ce nom. Car l'auteur de la tentative d'attentat de Noël était connu des services, il était dans la liste noire des 007 US. Or l'alarme n'a pas fonctionné, ou trop tard. Même le Président Obama l'admet, ça a merdé, et ce n'est pas la faute de l'absence de scanners.
Tout cela est assez risible si ce n'était pas si grave potentiellement. Car il n'est jamais drôle d'apprendre un attentat, et encore moins d'en être victime, d'une façon ou d'une autre. Il n'est également pas drôle de devoir se soumettre à des contrôles potentiellement intrusifs, longs et anxiogènes (même si on n'a, nous, 99,999% de la population empruntant ce moyen de transport qu'est l'avion, rien à se reprocher). Arriver 4h avant le départ de son vol, un vol qui durera peut-être deux heures, puis attendre encore pour d'interminables procédures de contrôles aux frontières, etc... on pourrait s'en passer, non? D'autant que cela n'est valable que pour l'aviation, étrangement. Rien de tel, ou de similaire en ampleur, pour le transport ferroviaire, maritime ou routier. Alors quoi, qu'est-ce qui justifie une telle débauche de moyens et de bêtise parfois, pour le moyen de transport le plus sur qui soit? Imitant la poule et l'oeuf, on pourra rétorquer que c'est justement grâce à cette débauche que ce transport est si sur. On ne pourra jamais le savoir puisque personne aujourd'hui ne prendrait le risque d'alléger les contrôles de sécurité pour vérifier que finalement, les tentatives d'attentats sont du domaine du très ponctuel, voire de "l'anecdotique". Pourquoi par exemple n'y a-t-il pas beaucoup plus de tentatives contre le transport ferroviaire, alors que les contrôles sont là inexistants? Peut-être parce que personne n'a le "mal du fer", comme on a le "mal de l'air". Toute cette frénésie sécuritaire serait alors un moyen d'exorciser une partie de notre peur de l'avion, et non de la peur de l'attentat? Est-ce que finalement les patrons des services de sécurité ont peur de prendre l'avion, de voler simplement? Et du coup, est-ce que c'est cette angoisse qu'ils tentent, consciemment ou inconsciemment, avec l'aide des politiques tout aussi aérodromphobiques, de nous transmettre?
Tout cela est probablement symptomatique de notre peur de la prise de risque de notre société. On n'accepte plus le moindre risque, aussi minime et contrôlé soit-il, comme en avion dans le cas présent. Hors risque terroriste (qui ne pourra jamais être réduit à néant), le risque de problème technique ou humain sur un vol est non nul. Il est incommensurablement plus faible qu'en voiture d'ailleurs (alors que tout le monde prend sans transpirer d'angoisse sa bagnole le matin), mais il est non nul. C'est un fait. Et il ne sera jamais nul. Tout comme le risque de tomber malade ne sera jamais nul. On peut attraper la grippe, ça arrive. Mais la prise de risque est inacceptable, et il vaut mieux déployer le grand parapluie, souvent le plus populiste possible (cf H1N1 ou scanner) plutôt que de raisonner.
Au nom de la sécurité, sommes-nous ainsi prêt à renoncer à tout, à renoncer à ce qui est la cible même des terroristes, la liberté? Pour citer Thomas Jefferson (qui accessoirement a été Président des Etats-Unis), " Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre. Et tu finis par perdre les deux." Il semble que dans le cadre de l'aviation, ce soit déjà le cas. Dès lors, la pénurie annoncée de pétrole sera-t-elle vraiment la plus grande menace à la pérennité de ce moyen de transport?
Et ainsi, dans un mode de fonctionnement irrationnel et "émotionnel", une tentative d'attentat, aussi ridicule soit-elle, donne lieu à un renforcement de mesures de sécurité tout bonnement inutiles 99,99% du temps. Après l'affaire Richard Reid, il nous a été demandé de nous déchausser au passage du portique. Et ce même si vous portez des tongs, ou plus communément de simples (et jolies) chaussures à talons. Parce qu'un groupe de gus a projeté d'utiliser des bouteilles d'Oasis comme bombe (aucun n'a tenté le Mentos et le Pepsi encore...) on doit éviter les flacons de plus de 100ml à bord. Dernièrement, on pouvait avoir un certain réflexe fessier quand on a appris qu'un nouvel idiot s'était fait explosé avec l'aide d'un explosif inséré dans le fondement. Heureusement l'attentat fut manqué, mais la question de la détectabilité d'un tel dispositif s'est posée, puisque le gars en question avait tout de même passé des contrôles de sécurité avant d'approcher sa cible, un prince saoudien. Curieusement, on n'a pas imposé de fouille "approfondie" aux aéroports suite à cette affaire. Mais on n'en serait pas loin. La tentative de Noël, sur le vol vers Detroit, a mis sur le devant de la scène l'utilisation de nouvelles machines, les scanners corporels, en tant que réponse à ce type de menace. Le procédé employé par l'idiot du moment était un peu dans la même veine que notre "mule" précédemment citée, à savoir que le dispositif explosif était planqué sous le scrotum de notre homme, cousu à son slip. Et ainsi il a certainement pu déjouer une éventuelle fouille "classique". Rien ne dit d'ailleurs qu'en un tel endroit, le dispositif aurait été vu par un scanner corporel. Quoiqu'il en soit, alors que ces machines soulevaient des débats un peu partout dans le monde concernant son caractère déshabillant, bloquant dans de nombreux cas sa généralisation, hop tout d'un coup cela devient LA solution, et on doit l'accepter. Pour notre sécurité qu'ils disent.
Un certain esprit chagrin pourrait alors se demander si tout cela ne profite pas à quelqu'un, en dehors évidemment des terroristes qui se frappent sur les cuisses en voyant le résultat de leurs actions les plus petites soient-elles. Car les scanners corporels, c'est entre 70 000 et 100 000€ pièce apparemment. Et il en faudrait plus d'un par aéroport pour espérer avoir une certaine crédibilité. C'est ainsi que la TSA (la Transportation Security Administration, aux USA) en a commandé des centaines exemplaires pour les aéroports américains. Et tout cela dans un climat d'angoisse sur lequel surfent les médias US, à travers lesquels des "éminents" spécialistes comme l'ex-patron de la Homeland Security prônent plus de sécurité et plus de technologie aux portiques, et donc plus de scanners. Il ne faut pas attendre alors bien longtemps pour apprendre que le-dit spécialiste n'est autre qu'un patron d'une agence de consulting en sécurité qui compte parmi ses clients des fabricants... de scanners corporels! Le schéma se dessine peu à peu. Est-ce que ce sera efficace? A faire gonfler le chiffre d'affaire de ces fabricants, certainement. Ces dépenses inconsidérées commencent d'ailleurs à faire jazer, mais il semble que les gens soient enclins à perdre de leur initimité au prix de la sécurité, réelle ou fantasmée. Le controle des cavités corporelles serait alors envisageable?
La réponse technologico-sécuritaire, dans ce cas précis de manière assez flagrante, n'est pas la bonne. Qu'en serait-il par exemple d'une bombe anale, d'un enfant-kamikaze (pour des raisons de protection de l'enfance vis-à-vis de la pédopornographie, particulièrement dans les pays anglo-saxons, les enfants seraient exemptés de controle au scanner corporel)? L'investissement serait en pure perte puisqu'il n'apporte aucune amélioration. En revanche, tout l'argent dépensé à enrichir des fabricants de scanners aurait peut-être pu être dépensé autrement, dans des services et des personnels d'agences de renseignement dignes de ce nom. Car l'auteur de la tentative d'attentat de Noël était connu des services, il était dans la liste noire des 007 US. Or l'alarme n'a pas fonctionné, ou trop tard. Même le Président Obama l'admet, ça a merdé, et ce n'est pas la faute de l'absence de scanners.
Tout cela est assez risible si ce n'était pas si grave potentiellement. Car il n'est jamais drôle d'apprendre un attentat, et encore moins d'en être victime, d'une façon ou d'une autre. Il n'est également pas drôle de devoir se soumettre à des contrôles potentiellement intrusifs, longs et anxiogènes (même si on n'a, nous, 99,999% de la population empruntant ce moyen de transport qu'est l'avion, rien à se reprocher). Arriver 4h avant le départ de son vol, un vol qui durera peut-être deux heures, puis attendre encore pour d'interminables procédures de contrôles aux frontières, etc... on pourrait s'en passer, non? D'autant que cela n'est valable que pour l'aviation, étrangement. Rien de tel, ou de similaire en ampleur, pour le transport ferroviaire, maritime ou routier. Alors quoi, qu'est-ce qui justifie une telle débauche de moyens et de bêtise parfois, pour le moyen de transport le plus sur qui soit? Imitant la poule et l'oeuf, on pourra rétorquer que c'est justement grâce à cette débauche que ce transport est si sur. On ne pourra jamais le savoir puisque personne aujourd'hui ne prendrait le risque d'alléger les contrôles de sécurité pour vérifier que finalement, les tentatives d'attentats sont du domaine du très ponctuel, voire de "l'anecdotique". Pourquoi par exemple n'y a-t-il pas beaucoup plus de tentatives contre le transport ferroviaire, alors que les contrôles sont là inexistants? Peut-être parce que personne n'a le "mal du fer", comme on a le "mal de l'air". Toute cette frénésie sécuritaire serait alors un moyen d'exorciser une partie de notre peur de l'avion, et non de la peur de l'attentat? Est-ce que finalement les patrons des services de sécurité ont peur de prendre l'avion, de voler simplement? Et du coup, est-ce que c'est cette angoisse qu'ils tentent, consciemment ou inconsciemment, avec l'aide des politiques tout aussi aérodromphobiques, de nous transmettre?
Tout cela est probablement symptomatique de notre peur de la prise de risque de notre société. On n'accepte plus le moindre risque, aussi minime et contrôlé soit-il, comme en avion dans le cas présent. Hors risque terroriste (qui ne pourra jamais être réduit à néant), le risque de problème technique ou humain sur un vol est non nul. Il est incommensurablement plus faible qu'en voiture d'ailleurs (alors que tout le monde prend sans transpirer d'angoisse sa bagnole le matin), mais il est non nul. C'est un fait. Et il ne sera jamais nul. Tout comme le risque de tomber malade ne sera jamais nul. On peut attraper la grippe, ça arrive. Mais la prise de risque est inacceptable, et il vaut mieux déployer le grand parapluie, souvent le plus populiste possible (cf H1N1 ou scanner) plutôt que de raisonner.
Au nom de la sécurité, sommes-nous ainsi prêt à renoncer à tout, à renoncer à ce qui est la cible même des terroristes, la liberté? Pour citer Thomas Jefferson (qui accessoirement a été Président des Etats-Unis), " Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre. Et tu finis par perdre les deux." Il semble que dans le cadre de l'aviation, ce soit déjà le cas. Dès lors, la pénurie annoncée de pétrole sera-t-elle vraiment la plus grande menace à la pérennité de ce moyen de transport?
Commentaires
1. Le mardi 12 janvier 2010 à 14:09, par Aimée
2. Le mardi 12 janvier 2010 à 19:26, par Hood
3. Le jeudi 14 janvier 2010 à 21:29, par Yann
4. Le vendredi 15 janvier 2010 à 19:22, par Steph
5. Le mercredi 20 janvier 2010 à 19:38, par Hood
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