Nous voilà en 2010. Soit dix ans après l'épisode pathético-comique du passage à l'an 2000, et du fameux bug associé, qui devait nous plonger dans la chaos le plus total. Cela faisait probablement partie de l'hystérie millénariste collective liée au changement de millénaire, sinon réel du moins en chiffres. Car quand on parlait de l'an 2000 au XXème siècle, ça avait toujours une connotation futuriste associée à une idée de rupture. Changement de siècle, changement d'époque, changement de vie. Dès le début des années 1900, l'anticipation nous projetait dans un monde de technologie, de vie moderne et facile, de bonheur, avec voitures volantes et fusées lunaires. La science-fiction nous emportait toujours plus haut, plus vite et plus loin. L'an 2000, l'horizon du futur réjouissant.

Quelque part, la fin du XXème siècle nous a apporté tout ça. Les voitures volantes existent, certes peut-être pas sous la forme qu'on nous avait vendu, mais certains prototypes existent, et on peut presque considérer les avions de tourismes, les ULM comme l'incarnation de ces fantasmes de mobilité accessible. Le roman futuriste de Jules Verne "De la Terre à la Lune" s'est vu concrétiser quelque cent ans après sa parution, l'occasion en cette fin de décennie 1960 de plonger le monde dans un état inédit de communion, des milliards de paires d'yeux lever vers le ciel (et accessoirement rivés sur un écran de télévision) pour célébrer le premier pas de l'Homme sur la Lune. Les trains rapides, les avions supersoniques, les robots, les machines déchargeant l'Homme des taches les plus rudes, que ce soit à l'usine ou à la maison, tout un ensemble de progrès techniques et technologiques qui nous avait été promis pour 2000. Nous devions voler, vivre en harmonie, dans des maisons sous-marines, ou dans des colonies sur la Lune. L'an 2000 était l'utopie inscrite sur l'agenda.

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