Le passager, quelle plaie!
Par Steph le samedi 12 janvier 2008, 13:42 :: Aviation :: Lien permanent
Ce pourrait être la pensée des personnels navigants, techniques comme commerciaux, sur les compagnies aériennes du monde. Bien que globalement, les vols se passent bien, sans heurts, il y a quelques fois des situations totalement incompréhensibles... On se souvient facilement du cas Delarue, qui sous l'emprise de l'alcool semble-t-il avait perturbé le calme de la cabine d'un vol. Mais ça concerne aussi le quidam moyen, qui dans son infinie sagesse et maîtrise de la chose, pense savoir ce qui est bon, sûr et bien pour lui et l'avion.
Ainsi, il y a quelques jours, sur un vol Air Canada, entre la côte ouest et la côte est du pays des caribous, plusieurs passagers se sont retrouvés volants dans la cabine, alors que l'avion de ligne (un A319) traversait apparemment une zone de turbulences coton! Et comme de coton le plafond n'était pas, il y a eu une dizaines de blessés légers... Quand on vous dit qu'il faut garder sa ceinture attachée, c'est notamment pour éviter ça. Mais y a toujours des passagers pour se dire qu'une fois en l'air, passé le moment du décollage, bah, autant faire comme à la maison...
Il y a quelques semaines, j'entendais l'histoire de ces quelques passagers ayant refusé d'embarquer dans un avion dont l'un des winglets (les petites ailettes verticales en bout d'aile) manquait manifestement. Alors que ce cas de figure est parfaitement documenté, prévu, et ce dès la conception, que l'équipage l'a expliqué clairement aux passagers récalcitrants, que le winglet avait surement du être retiré justement pour des raisons de maintenance ou de sécurité, ceux-ci se sont persuadés d'être plus à même de juger de la "dangerosité" d'une telle situation. C'est comme ces passagers d'un vol de Ryanair qui, voyant une flaque au sol sous l'avion, considère que c'est vraiment pas bon signe, et que l'avion doit avoir un problème grave. Bien sûr, il pouvait n'en être rien puisqu'il peut être fréquent qu'à la fin du remplissage des réservoirs de kérosène, l'excès soit évacué par des trop-plein conçus à cet effet, comme quand on fait le plein avec sa bagnole. Là encore, y a des baffes qui se perdent.
De manière plus dramatique, quoique finalement on ait évité la catastrophe, il apparait à la lecture du rapport sur l'accident du 340 d'Air France à Toronto en août 2005 que le comportement des passagers aurait pu conduire à une issue un peu moins heureuse. On note ainsi : "Lors de l'évacuation d'urgence d'AFR358, de nombreux passagers ont récupéré leurs bagages à main. Du fait que les occupants devaient évacuer l'appareil au plus vite, les bagages présentaient un risque de sécurité important. Les bagages peuvent empêcher d'assurer l'évacuation rapide et en bon ordre de l'avion, endommager un toboggan d'évacuation et augmenter le risque de blessures" (p.136 du rapport). Or il est indiqué dans les notices de sécurité qu'en cas d'évacuation, on laisse tout à bord. Mais "(...) les données existantes indiquent que moins de la moitié des passagers lisent les notices de sécurité." Il faudrait peut-être insister sur certains points aussi, au calme, car une fois en condition d'évacuation, c'est plus pareil, comme le montre toujours le rapport, page 63 : "Lorsque l'issue R3 a été ouverte, le toboggan s'est déployé mais il s'est immédiatement dégonflé après avoir été perforé par des débris, ce qui rendait dangereuse son utilisation. Comme le PNC responsable fermait la porte de l'issue, deux passagers ont forcé le passage et ont sauté à l'extérieur par cette porte."
Il suffit de prendre la navette Air France et faire un petit constat. On a là une clientèle essentiellement constituée d'hommes d'affaires, costard-cravate. Le personnel de cabine invite les passagers à suivre les démonstrations de sécurité, mais on vérifie rapidement que personne ou presque ne le fait. C'est vrai qu'au bout d'un moment, on les connait pas coeur, les trucs du genre issues de secours à l'avant, sur les cotés et à l'arrière, avec gestes associés... Mais bon, rien que pour connaitre le visage de celui ou celle qui pourrait être amené, comme sur ce vol de Toronto, à vous sauver la vie, ça peut être utile de leur consacrer quelques minutes... Et ça pourrait contribuer à ce que le passager ne soit finalement plus le plus grand danger pour lui-même.
Ainsi, il y a quelques jours, sur un vol Air Canada, entre la côte ouest et la côte est du pays des caribous, plusieurs passagers se sont retrouvés volants dans la cabine, alors que l'avion de ligne (un A319) traversait apparemment une zone de turbulences coton! Et comme de coton le plafond n'était pas, il y a eu une dizaines de blessés légers... Quand on vous dit qu'il faut garder sa ceinture attachée, c'est notamment pour éviter ça. Mais y a toujours des passagers pour se dire qu'une fois en l'air, passé le moment du décollage, bah, autant faire comme à la maison...
Il y a quelques semaines, j'entendais l'histoire de ces quelques passagers ayant refusé d'embarquer dans un avion dont l'un des winglets (les petites ailettes verticales en bout d'aile) manquait manifestement. Alors que ce cas de figure est parfaitement documenté, prévu, et ce dès la conception, que l'équipage l'a expliqué clairement aux passagers récalcitrants, que le winglet avait surement du être retiré justement pour des raisons de maintenance ou de sécurité, ceux-ci se sont persuadés d'être plus à même de juger de la "dangerosité" d'une telle situation. C'est comme ces passagers d'un vol de Ryanair qui, voyant une flaque au sol sous l'avion, considère que c'est vraiment pas bon signe, et que l'avion doit avoir un problème grave. Bien sûr, il pouvait n'en être rien puisqu'il peut être fréquent qu'à la fin du remplissage des réservoirs de kérosène, l'excès soit évacué par des trop-plein conçus à cet effet, comme quand on fait le plein avec sa bagnole. Là encore, y a des baffes qui se perdent.
De manière plus dramatique, quoique finalement on ait évité la catastrophe, il apparait à la lecture du rapport sur l'accident du 340 d'Air France à Toronto en août 2005 que le comportement des passagers aurait pu conduire à une issue un peu moins heureuse. On note ainsi : "Lors de l'évacuation d'urgence d'AFR358, de nombreux passagers ont récupéré leurs bagages à main. Du fait que les occupants devaient évacuer l'appareil au plus vite, les bagages présentaient un risque de sécurité important. Les bagages peuvent empêcher d'assurer l'évacuation rapide et en bon ordre de l'avion, endommager un toboggan d'évacuation et augmenter le risque de blessures" (p.136 du rapport). Or il est indiqué dans les notices de sécurité qu'en cas d'évacuation, on laisse tout à bord. Mais "(...) les données existantes indiquent que moins de la moitié des passagers lisent les notices de sécurité." Il faudrait peut-être insister sur certains points aussi, au calme, car une fois en condition d'évacuation, c'est plus pareil, comme le montre toujours le rapport, page 63 : "Lorsque l'issue R3 a été ouverte, le toboggan s'est déployé mais il s'est immédiatement dégonflé après avoir été perforé par des débris, ce qui rendait dangereuse son utilisation. Comme le PNC responsable fermait la porte de l'issue, deux passagers ont forcé le passage et ont sauté à l'extérieur par cette porte."
Il suffit de prendre la navette Air France et faire un petit constat. On a là une clientèle essentiellement constituée d'hommes d'affaires, costard-cravate. Le personnel de cabine invite les passagers à suivre les démonstrations de sécurité, mais on vérifie rapidement que personne ou presque ne le fait. C'est vrai qu'au bout d'un moment, on les connait pas coeur, les trucs du genre issues de secours à l'avant, sur les cotés et à l'arrière, avec gestes associés... Mais bon, rien que pour connaitre le visage de celui ou celle qui pourrait être amené, comme sur ce vol de Toronto, à vous sauver la vie, ça peut être utile de leur consacrer quelques minutes... Et ça pourrait contribuer à ce que le passager ne soit finalement plus le plus grand danger pour lui-même.
Commentaires
"Et comme de coton le plafond n'était pas, il y a eu une dizaines de blessés légers... "
Tournure de phrase carrément géniale, ça biche !!
Ca me rappel un épisode de Friends dans la saison 10 :"il manque à l'avion la phalange droite !! " ^^